L’Union Européenne face au terrorisme

Plus que la dissuasion nucléaire, la construction européenne a mis le « vieux continent » à l’abri de la guerre sur son sol depuis soixante-dix ans. Alors que trois générations ont maintenant bénéficié de cette période de paix sans précédent, notre perception collective des conflits armés s’en est trouvée profondément modifiée [1]. Elle l’est d’autant plus que la chute du bloc de l’Est a conféré à nos yeux le monopole de la violence militaire légitime à l’hyperpuissance américaine et à ses alliés de l’OTAN au nom de la défense et de la promotion des valeurs communes partagées en Occident. Toute initiative armée, la menace d’y recourir ou même sa simple évocation, dès lors qu’elle ne s’inscrit pas dans le cadre de ce monopole, est décrite par nos médias et ressentie par nos opinions publiques comme illégitime, barbare, assimilable au terrorisme et produite par un « axe du mal ». Cette forme de ressenti est corroborée par le fait que toute entreprise armée entrant en confrontation avec la puissance de l’Occident et ses alliés se trouve mécaniquement contrainte à mettre en œuvre des stratégies du faible au fort dont la sauvagerie médiatisée et les violences disproportionnées sont des éléments de base.

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